lundi 24 septembre 2018

POKERSTARS WARS – Le monde Galactique

Fan de Pokerstars Wars ? Voici le quizz ultime pour savoir si l'on connaît vraiment l’empire galactique du poker.frespt, les Jedis et Siths qui s’y affrontent au milieu d’armées de clones. Que la Force soit avec vous sur ces Galactic Series !

A-      Malin du côté de Pokerstars, on affichait 21 millions d’euros à gagner sur leurs tables durant ces Galactic Series. En fait l’épreuve n’en garantissait que 15, les six autres correspondant aux tournois réguliers de la grille. Au final, Pokerstars réussit-il son pari : quel est le montant de prizepool distribué ?
Réponse ? 1- 14.655.988€ / 2-16.124.774€ / 3- 17.086.900

B-      Le choix de programmation ne doit rien au hasard. En démarrant fin août, Pokerstars bénéficiait du retour de vacances, et du paiement des salaires. Mais surtout, ils prennent de court les historiques Winamax Series, terminant le même jour. Record pour l’event #70 Mini Galactic qui avoisine les 20.000 joueurs, hors Flight l'event #02 (5€ Rebuy) frôle, quant à lui, les 12.000 participants. Hors re-entry, combien d’entrées uniques ont enregistré ces Galactic Series ?
Réponse ? 1-365.361 / 2- 421.679 / 3- 501.364

C-      185 tournois payants ont été disputés sur la quinzaine, dont certains affichaient de grandes ambitions. Le Main Event visait le million et demi d’euros, vingt d’entre eux proposaient 150.000€ et plus. Combien n’ont pas réussi à couvrir leurs garanties ?
Réponse ? 1-22 (12%) / 2-37 (20%) / 3-55 (30%)

D-      Ils sont essentiels aux opérateurs pour booster leurs fréquentations, leurs garanties et par ricochet leurs parts de marché, le nombre appelant le nombre dans l’économie du poker. « Ils », ce sont les joueurs étrangers et ils étaient bien présents une nouvelle fois, tout particulièrement en table finale. Combien de nationalités différentes ont atteint au moins une TF ?
Réponse ? 1-23 / 2-36 / 3-48 

E-      Certains sont venus de loin, voire de très loin pour affronter Français, Espagnols et Portugais. Quel est le pays le plus loin de notre liquidité à avoir atteint une ou plusieurs tables finales ?
Réponse ? 1-Pérou / 2-Nouvelle-Zélande / 3-Japon 


F-       Quelle nationalité affichant au moins cinq participations à une table finale offre le pire ratio Nombre de victoires / Nombre de présences dans une TF (avec 0%)?
Réponse ? 1-  Mexique / 2- Ukraine / 3- Pologne 

G-     Les 185 tables finales des Galactic Series ont distribué (primes comprises) près de 7 millions d’euros aux 1429 joueurs qui ont réussi à s’y hisser, avec une mention spéciale pour trois Espagnols, un Allemand et un Brésilien qui y parviennent quatre fois ! Quel est le poids des étrangers dans cette performance ?
Réponse ? 1-26% / 2-40% / 3-52%

H-     La France a particulièrement brillé en plaçant cinq représentants en table finale du Main Event, dont les quatre premières places pour près de 350.000€ sur ce seul tournoi. Si l’on excepte ce Main Event, qui s’adjuge la plus grosse partie des gains remportés lors des TF ?
Réponse ? 1- France / 2-Espagne / 3- Portugal / 4- Reste du monde

I-        Apothéose de ce festival, le Main Event a failli gagner son pari de couvrir une garantie de 1,5 million d’euros, reléguant la concurrence loin derrière : l’équivalent sur les Winamax Series était maintenu à 1M€ garanti, même montant sur PMU mais pour l’ensemble des 115 tournois des KO Series disputés en parallèle ! Il aura manqué 22 entrées pour réaliser l’exploit. Quel est le profit/perte net enregistré par l’opérateur sur ce seul évènement ?
Réponse ? 1- Gain de 12.300€ / 2- Perte de 24.500€ / 3- Gain de 68.000€

J-        Au final, ces Galactic Series sont-elles une réussite financière pour Pokerstars ? Tous les tournois ne sont pas parvenus à atteindre leurs garanties, mais la room en retire un profit net d’environ :
Réponse ? 1- 215.000€ / 455.000€ / 650.000€ 

Vous pensez connaître toutes les réponses ? Quel score faites-vous au final ?

soxav
Sources : StAAkers


Vous aimez cet article ? Faites le savoir autour de vous !
twitter @soxavby

mardi 18 septembre 2018

PRIMAVERA DE POQUER

(Publié initialement le 10/09/2018)
Depuis six mois, Français et Espagnols mondiaux s’affrontent à nouveau aux tables de poker, rejoint ensuite par les Portugais. Si Pokerstars a très largement et durablement tiré profit du partage des liquidités, Partypoker s’est joint à la fête début juin. Les chiffres de fréquentation s’affolent à nouveau, mais la tendance est-elle si favorable ? Décryptage de rapports trimestriels.

Côté DGOJ, l’ARJEL espagnol, le sourire est de mise. En partageant sa liquidité, le marché espagnol a vu son Produit Brut des Jeux du poker bondir au premier semestre de 38.27%, dépassant 40 millions d’euros. Si les deux segments de poker affichent de fortes hausses, le Cash Game progresse bien moins que les tournois / SnGs : +26,5% contre 46,37% ! Avec un chiffre d’affaires de 19,4 millions d’euros d’avril à juin, l’Espagne enregistre le meilleur second semestre de son histoire, le précédent record remontant à 2013 avec 16,4M€ ! Ce partage tient donc toutes ses promesses.
Enfin presque … Au second trimestre 2018, la progression du PBJ total poker a notablement ralenti : 34,78% contre 41 ;59% au trimestre précédent. Cela ne laisse que peu de doutes sur l’impact marginal du partage de la plateforme Partypoker, lancé en juin, laissant craindre un tassement rapide de l’effet partage avec un Pokerstars qui a assis son hégémonie.
Quel que soit le segment de jeu, le chiffre d’affaires poker croît plus vite que les mises d’environ 15%. L’Espagne ressemble donc à un eldorado … pour les opérateurs. Ou plutôt pour un opérateur : cette tendance s’explique tout particulièrement par la stratégie des coffres Pokerstars qui augemente fortement sa marge et l’harmonisation du rake avec la France. Enfin, les données du DGOJ montre que le poids du poker dans le mix produit des jeux en ligne ibérique est en baisse d’un demi-point de janvier à juin, se maintenant difficilement au-dessus des … 12% du chiffre d’affaires global. De quoi faire réfléchir une communauté poker quant au poids du produit dans les stratégies ‘multicanal’ des rooms.


Laissons néanmoins les Espagnols apprécier ces bons résultats. Côté ARJEL, le DGOJ français, le sourire est plus crispé. Le PBJ a progressé au deuxième trimestre de … 2% pour atteindre 60 millions d’euros, malgré un Cash Game en recul de 2% pour des mises en hausse de 9%, le rake ayant baissé pour nous Français chez Pokerstars lors du partage des liquidités. Les Jackpot SnG permettent de contrebalancer cette tendance (+9% pour le segment ‘tournois’) mais on voit bien que le Cash Game, s’il reste un format actuel pour les joueurs, est un jeu du passé pour le marché.
Rendez-vous au prochain trimestre pour confirmer ou infirmer ces tendances !


soxav

Sources : DGOJ, ARJEL, StAAkers


Vous aimez cet article ? Faites le savoir autour de vous !
twitter @soxavby

SERIES DE CHOIX, CHOIX DE SERIES

(Publié initialement le 28/08/2018)
La rentrée de septembre marque la fin de la période creuse du poker online. Comme chaque année, l’activité va reprendre crescendo jusqu’à janvier prochain environ. La période de rentrée est donc essentielle pour les opérateurs afin de générer une croissance et asseoir ses parts de marché. Cela se traduit par des Series en série. Dans un contexte houleux pour la plupart des rooms, le choix d’un grind peut aussi être stratégique …
Finie la Summer Poker League pour PMU et Partypoker, l’été 2018 sera KO Series dotée d’un million d’euros. La plateforme surfe sur le format porteur des tournois à primes en augmentant de 67% sa garantie mais surtout de 100% le nombre de tournois alors que les Espagnols ont rejoint l’aventure. Les amateurs de Full Ring seront à la fête avec deux tiers des events joués dans ce format. Ce sera surtout une dernière occasion de ne pas trop perdre suite à la refonte du programme de fidélité. Les rooms de la plateforme ont en effet le nouveau système de fidélité tant attendu. Cacophonie dans la communication côté PMU, niveaux de bonus amputés et délai de clearance réduite à un mois maximum … Ce nouveau programme ‘Cashback’ débarque de la pire des manières.

Finies les Knockout Poker Series pour Pokerstars, récupérée par les concurrents ci-dessus, l’été 2018 sera Galactic Series. Du neuf avec du vieux, puisque les plus attentifs se souviennent de cette série déjà programmée en janvier 2016. De 43 Events en 2017, la room passe à 186, la garantie explosant de 1M€ il y a un an à 15 millions d’euros sur la quinzaine ! Le leader mondial a repris goût à la France suite au partage des liquidités en janvier, mais aussi aux petits arrangements : l’accès aux étrangers transféré à l’Espagne moins taxée, des coffres de fidélité opaques tant sur ce qu’ils offrent que sur le niveau de rake fluctuant pour les obtenir.

Finies les variantes sur les traditionnelles Winamax Series, mais la philosophie est toujours là. 13 millions d’euros garantis, soit deux de plus qu’en 2017. L’opérateur ne mise apparemment pas sur un afflux de joueurs hispaniques mais sur plus de 40 Events supplémentaires et la disparition (à cause ou grâce à la législation espagnole, selon si l’on est joueur ou Winamax) de variantes aux garanties et fréquentation faméliques. Exit l’affaire de triche révélée par un joueur d‘Expresso qui a révélé les limites et carences d’un département sécurité aux abonnés absents, l’opacité de la room dans la gestion des indemnisations.

Les Series sont l’opium du peuple poker. Les opérateurs savent pertinemment qu’ils consommeront quoiqu’il arrive. Pourtant, elles pourraient aussi être l’occasion de faire entendre leur voix, tellement les opérateurs ont besoin de remplir les évènements principaux pour éviter des overlays onéreux.
Bonne chance si vous jouez …


soxav

Vous aimez cet article ? Faites le savoir autour de vous !
twitter @soxavby

CRISE DE COMMUNICATION

(Publié initialement le 21/08/2018)
Quelquefois, la forme d’un message peut être aussi importante que le fond. L’affaire des bots sur Winamax cet été (concernant les joueurs ‘twopandas’ et ‘VictoriaMo/mr.GR33N13’) ressemble, à ce titre, à un cas d’école en termes de communication. Au-delà du sujet lui-même, mis en lumière par l’analyse solide du joueur ‘batmax’’ peu avant la Coupe du Monde sur Clubpoker, le décryptage des réponses de Winamax en dit long sur la gestion de crise de la room, tout autant que les commentaires des membres du forum.

Le 30 juillet, veille de la date limite annoncée par l’opérateur pour donner des explications sur les mesures prises face aux deux joueurs incriminés, Aurélien ‘guignol’ Guiglini, habitué du forum Clubpoker, postait une réponse détaillant les deux cas. Habituellement concis et direct, il utilisait cette fois des éléments de communicants, s’attachant tout d’abord à rappeler l’action de l’opérateur et rassurer : « enquête », « suspension préventive », « garantie d’un environnement de jeu équitable et sécurisé a toujours été au cœur de nos préoccupations ».
Ce long message, politiquement correct et fourmillant de mots clés, ressemble fortement à un communiqué de presse, rédigé par un service communication, à l’inverse des premières interventions début juin. On notera également qu’il s’efforce rapidement d’individualiser les deux cas bien que certains faisceaux permettent d’en douter. Il faut éviter une perception de fraude systématisé et d’envergure.


A qui s’adresse ce message ? Certainement pas aux acteurs du forum, concernés ou non, par ce détournement des Conditions Générales d’Utilisation de Winamax. Il vise sa communauté composée majoritairement de joueurs récréatifs, pour la plupart non concernés par cette affaire vu les limites d’Expresso touchées, lecteurs occasionnels de Clubpoker. Un forum public n’est pas le lieu pour discuter de sujets aussi sensibles pour un opérateur et son image, où bon nombre de commentaires font perdre toute crédibilité aux joueurs et noient les véritables argumentations et questions.
Quid du bienfondé des réponses ? Cela n’a pas vraiment d’importance. Le message essentiel qui ressort est la capacité de la room à gérer, sévir et sécuriser son espace de jeu et rembourser les victimes. L’affaire avait au départ eu très peu d’écho hormis un article du Point d’A. Laipsker et moins de deux petites pages sur d’autres forums (Poker Académie, Kill Tilt), dont Wampoker, vitrine publicitaire de l’opérateur. Mais depuis le communiqué CP, plus aucune mention du sujet n’est apparue sur les radars.

Que faut-il pourtant retenir de ce message ? L’échec à détecter une fraude : les joueurs incriminés avaient déjà été signalés avant l’analyse poussée de ‘batmax’.. Dans une première intervention en juin, Winamax reconnaissait n’avoir aucune preuve malgré ses requêtes auprès des joueurs en cause. Sans aucune logique par rapport à ce diagnostic, elle décidait pourtant de suspendre les deux comptes afin de calmer la vindicte grondante. L’enjeu majeur de l’année qu’était la Coupe du Monde a dû peser dans la balance.
Le verdict final est encore plus dramatique : ‘twopandas’ ne s’est pas présenté dans les locaux de la room, il est donc définitivement suspendu sans aucune preuve flagrante apportée ou même seulement confirmée par la room. ‘VictoriaMo’ s'est déplacé, a prouvé sa capacité à jouer mais est prié de déguerpir avec son argent. La room utilise même l’affaire à son compte : Winamax s’adjuge maintenant le droit « d’appliquer une exclusion préventive dans le souci de restaurer un climat de confiance. » D’ici à ce que des joueurs trop gagnants ne nuisent à ce climat …
Quid enfin du remboursement des regs lésés ? Difficile de répondre car l’opacité est de mise. Quelle somme a été saisie, quelle part remboursée ? Qu’est-il advenu des primes de challenge ? Winamax a-t-il prévu un budget pour indemniser les victimes ? Cela paraît inconcevable en 2018, et pourtant cela vient juste d’arriver sous couvert d’une confidentialité qui a bon dos : personne n’a demandé les numéros de cartes bleues de ‘twopandas’ ou l’adresse de la famille de ‘VictoriaMo’ …

L’absence d’organisation et de représentation des joueurs s’est fait cruellement ressentir. Sans contact avec la room, il ne peut y avoir de discussion, encore plus une fois le sujet rendu public. Sans démarche proactive auprès des acteurs et régulateurs comme l’ARJEL et la DGCCRF, vers qui se tourner pour obtenir un support ?
Au final, Winamax a réussi son plan de communication et sa gestion de crise. Même la news Clubpoker sur le sujet s’est retrouvée diluée avec des sujets sans lien direct, sans même que Winamax n’apparaisse dans le titre ! 
Un WPO Dublin sous tension en perspective ?


soxav

Vous aimez cet article ? Faites le savoir autour de vous !
twitter @soxavby

JEUX EN LIGNE ENTRE LES LIGNES : Le poker dans l’industrie

(Publié initialement le 02/07/2018)
En marge des rapports trimestriels l’Autorité de Régulation des Jeux en Ligne publiait en fin de semaine dernière son rapport d’activité 2017-2018. Coupe du Monde de football oblige, la presse généraliste remplit ses colonnes de l’explosion des paris sportifs, Le Parisien et les Echos en tête., Outre la bonne tenue de tous les segments de jeux, pour la première fois en hausse de concert, ce rapport recèle de détails qui méritent un éclairage : décryptage ARJEL …

Le secteur des jeux en France a dépassé les 10 milliards d’euros en 2017, en hausse de 3,9% d’une année sur l’autre. Si les jeux de loterie et de grattage se taillent la part du lion (43,3%), le poker arrive en toute fin de liste malgré une progression de 0,8% équitablement partagé entre le jeu terrestre (casino) et le jeu online. Oui mais voilà, la réalité n’est pas flatteuse : avec 5,8% du chiffre d’affaires (PBJ) total, dont à peine 2,4% pour la partie en ligne, le produit poker est une goutte d’eau dans l’océan des jeux.
Tout comme le périmètre de l’ARJEL si l’on y regarde de plus près : L’Autorité ne régule que 9,5% de l’activité de l’industrie, bien que cette part progresse de 14% par rapport à 2016. Elle prévoit néanmoins dans son esquisse pluriannuelle une augmentation de son plafond d’emplois Equivalent Temps Plein Travaillé (+10% sur 4 ans) et de ses dépenses de 24%. Malgré « l’incertitude sur le périmètre de compétence futur de l’ARJEL », l’organisme espère tirer son épingle du jeu de la privatisation éventuelle de La Française des Jeux, dévoilé le 18 juin dernier (projet de loi Pacte). Celle-ci ouvre une porte à une autorité unique régulant l’ensemble d'un marché aujourd’hui sous la coupe de plusieurs ministères : Intérieur, Budget, Agriculture, Santé, Sports.

Le lobbying est déjà en marche. Dans son édito, Charles Coppolani, Président de l’ARJEL ne cache pas ses ambitions en la matière, s’appuyant sur le rapport rédigé en décembre 2017 par O. Givernet et R. Juanico. Ils appelaient à « la création d’un régulateur unique, sous la forme d’une autorité administrative indépendante, qui pourrait résulter de l’extension des compétences de l’Autorité de régulation des jeux en ligne, l’ARJEL … ». Il y a tellement « urgence » à les mettre en œuvre que le nom de la députée en est mal orthographié !

soxav

Sources : Rapport d’activité ARJEL 2017-2018, Les Echos, Le Parisien, www.juanico.fr.


Vous aimez cet article ? Faites le savoir autour de vous !
twitter @soxavby

ZOOM CHECKING : LIMITES DE BUYIN EN TOURNOIS ?

(Publié initialement le 26/06/2018)
Le 17 Janvier 2018, La France et l’Espagne se retrouvaient enfin autour des tables de poker de Pokerstars. Parmi les conséquences de cette réunification, les droits d’entrée de tournois étaient limités à 250€ en raison de la législation espagnole. Trois mois plus tard, pour le Main Event des SCOOP au buyin de 250€ justement, 3.090 joueurs prenaient le départ et généraient … 607 Re-entries ! Tour de passe-passe ou arrangement avec la loi ? Zoom checking !

« Le régulateur Espagnol cappe les buy-in à 250 € total par tournoi. Cela explique l'absence de re-entry sur les 250 € et le nombre max de rebuys autorisés, » selon les termes exacts du Community Manager de Pokerstars sur Clubpoker à l’annonce officielle du partage des liquidités.

Interrogé au lendemain du Main Event des SCOOP mi-avril, le même CM répondait laconiquement : « Nous respectons toujours les régulations locales et ce tournoi n’y fait pas exception. Tout était en ordre pour le proposer avec des re-entries. »

Direction la Direccion General de Ordenaccion del Juego, l’homologue espagnol de notre ARJEL, pour avoir plus de détails sur cette étonnante volte-face législative. Après plusieurs semaines d’attente et quelques relances, la confirmation tombe : Si le premier paragraphe de la deuxième partie de l’Annexe III de la loi 3089/2011 du 8 Novembre plafonne effectivement le droit d’entrée total pour un même tournoi à 250€, le suivant octroie à l’Autorité espagnole de déroger exceptionnellement à cette règle à des fins publicitaires et commerciales. Ce qu’elle fit « à la demande de Reel Malta PLC (Pokerstars), pour le tournoi dénommé ‘SCOOP Event Main Event’, passant le plafond à 1.000€, de fait octroyant jusqu’à trois re-entries. »

Pokerstars a ainsi économisé plus de 150.000€ d’overlay sur un tournoi déjà cher pour la room, dont la garantie sera finalement manquée de 14%. Tout semble donc en règle, mais alors pourquoi une réponse aussi évasive de la part de Pokerstars ?

soxav
Sources : Clubpoker, DGOJ, global-regulation.com

Vous aimez cet article ? Faites le savoir autour de vous !
twitter @soxavby
fb : @soxavsoxav

mardi 19 juin 2018

LA CASA DE POQUER - Résultats France Espagne

Comme chaque trimestre, l’Autorité de Régulation des Jeux en Ligne (ARJEL) a publié son rapport trimestriel pour les trois premiers mois de l’année. Le sujet ne suscite que peu d’écho dans la presse spécialisée avec, la plupart du temps une lecture brute des chiffres. Il recèle pourtant des indications de fond, surtout si on s’attache à décrypter les rapports d’autres autorités en parallèle. Lecture croisée à la lumière du partage des liquidités entre la France et l’Espagne.

De Janvier à Mars, le poker français a enregistré une forte croissance sur les deux segments de jeux Cash Game et Tournois. Sur ce dernier, les droits d’entrée et le Produit Brut des Jeux (PBJ) évoluent dans des proportions similaires (respectivement +14% et +15%) tandis que le Cash Game révèle une tendance bien plus surprenante : alors que les mises augmentent de 18% à 1.106 milliards d’euros, le chiffre d’affaires recule de 2% ! Cette dichotomie « s’explique par la baisse de rake depuis mi-janvier sur Pokerstars suite au rapprochement avec la plateforme espagnole », selon Martin Clément Saint Leon, Direction des marchés, de la Consommation et de la Prospective au sein de l’ARJEL.
En janvier dernier, l’opérateur a en effet harmonisé son rake entre les liquidités française (6.5%) et espagnole (5.25%) à 5.75% « avec de nouveaux plafonds », selon le blog de la room. C’est donc une baisse de 11,5% du prélèvement qui a pesé lourd. La donnée est intéressante car elle tord le cou à une croyance erronée des joueurs de poker : plus de volume n’est pas forcément synonyme de plus de rake pour une room.

Le chiffre d’affaires total poker dégagé au premier trimestre se monte à 69.1 millions d’euros, en progression de 8.3%. Le marché hexagonal pèse trois fois plus que l’ibérique, dont le chiffre d’affaires au premier trimestre 2018 se monte à 21,5 millions d’euros, en hausse d’une année sur l’autre de plus de 40% ! Le Cash Game espagnol y affiche une hausse de 15.83% des mises, mais le PBJ explose de 33%, dopé par le même rake Pokerstars.
Et sans surprise, c’est du côté des Tournois que l’impact est le plus visible. Les droits d’entrée explosent de 40% pour un PBJ en croissance de 43%.

Enfin, les Français sont aujourd'hui plus désengagés du Cash Game que leurs voisins. Si le format représente encore 40% du PBJ de l’autre côté des Pyrénées, il ne pèse déjà plus que 35% du poker chez nous. Il y a trois ans, 52% du revenu tiré par les opérateurs dans chaque pays provenait encore de ces tables ... Le partage devrait donc permettre à Pokerstars et ses concurrents de faire diminuer encore plus sa part dans sa filiale ibérique grâce à un trafic et des garantis dopés sur les formats Tournois et Spin&Go.

L’Espagne semble donc la grande bénéficiaire du partage des liquidités, en raison d’une taille plus réduite dopée par l’apport du trafic français. Le transfert des regs étrangers actifs sur le .fr sur le premier trimestre 2017, aujourd’hui transvasés sur des comptes .es, en est la deuxième raison.

Braquage du .fr en cours ?

soxav

Sources : ARJEL, DGOJ, calvinayre.com, Blog Pokerstars


Retrouvez l'actualité du poker en ligne, des joueurs et des opérateurs décryptée par soxav sur

lundi 19 mars 2018

WINAM...OYEN : Un trou d'air passager ?

Winamax Poker Tour, King 5, Expressos, Top Shark, Wampoker, Team Pro, … Du haut de l’hexagone, Winamax règne en maître sur l’innovation, les promotions, le marketing communautaire. Souvent copié, l’opérateur a probablement plus que d’autres participé du visage du poker online actuel. Pourtant, depuis le début de l’année, la room semble balbutier son jeu. Passage à vide, ou le mal est-il plus profond ?
Mardi 9 janvier, Winamax TV débarquait avec une proposition de plus de 40 heures de programmes hebdomadaires pour 25 émissions en direct. Darren Tullet, Jacques Monclar, Julien Cazarre en sont les têtes d’affiche, Vikash Dhorasso se rappelle aux souvenirs de son ancien sponsor. Selon Google, les recherches sur le mot-clé « Winamax TV » connaissent un pic le jour du lancement, mais retombant de 60% dès le lendemain. Une tendance qui ne changera qu’à l’occasion d’un PSG-OM, puis du match retour PSG-Real début, mais dans des proportions éloignes. Un succès mitigé en termes de retombées.
Il faut dire que la clientèle principale de Winamax, les joueurs de poker, a été accaparé par une nouvelle bien plus importante dans les jours qui ont suivi. Le 16 janvier, Pokerstars lançait en effet son offre de poker partagée avec les joueurs espagnols. L’annonce relègue tout au second plan, y compris la victoire d’Adrien Delmas à la promotion Top Shark (19 janvier). Winamax se fait ainsi griller la politesse, alors que six mois plus tôt, l’ARJEL confiait qu’avec l’obtention de l’agrément aux variantes, le leader français était le seul opérateur ayant effectué des mises à jour techniques indispensables au partage.
Deux mois plus tard, son service communication tente régulièrement de replacer Winamax sur le sujet. Fin février, Leo Margets et João Vieira intégraient le Team, et quelques jours plus tard, l’espagnole maintenait le teasing dans une interview à Poker Red, indiquant un lancement « imminent ». Face à un concurrent solidement implanté hors de nos frontières, les semaines passées en lui laissant le champ libre pourraient coûter très cher à l’opérateur français. Si les réguliers espagnols sont dans l’attente, la grande majorité des clients ibériques, les récréatifs, seront difficiles à faire migrer.
Le législateur espagnol est certes responsable de cet état de fait, la demande d’obtention d’une licence étant en cours depuis des mois. Mais en privilégiant l’Italie avec le rachat de la licence italienne de Bet-et-home fin 2017, Winamax a probablement misé sur le mauvais cheval pour le lancement d'une liquidité partagée, appréciant mal le poids des divers lobbys anti-ouveture de l’autre côté des Alpes.

Pour faire patienter ses joueurs, Winamax aen urgence avancé d’un mois sa Million Week face aux Fresh Series de Pokerstars début février, et failli pour l’occasion prendre un bouillon (cf articles « Million Weak » 07/02 et 10/02 – Poker by soxav). Elle vient de proposer un Main Event en solde, que l’on doit probablement plus à un Day 2 programmé un soir de match retour du PSG face au Real.
Dans la foulée, elle vient de lancer ‘Flooop’, l’offre Cash Game sans jeu préflop. Ce format a un avantage essentiel pour la room : « No Flooop, No Drooop ». Cette règle obtenue de haute lutte par les joueurs, mais qu’ils ont largement payée par la suite, coûte cher sur un format CG moins lucratif que d’autres.

Mais surtout, ‘Flooop’ en dit long sur la capacité d’innovation, de penser « out of the box » à laquelle Winamax nous avait habitué : ce jeu n’est en fait que la copie de Flopomania, lancé en août dernier par 888, qui l'a officiellement arrêté dix jours avant son apparition sur les tables W ... Il reprend aussi le principe d’affectation automatique des joueurs, qui n’est pas sans rappeler la fonction « Seat Me » de Pokerstars. Et pour couronner le tout, la room s’est inspiré du procédé de pénalités instauré par la room de pique pour les plus récalcitrants. 
Depuis, la page produit a été mise à jour, et ces pénalités ont disparu. Tout comme le visuel publié trop vite d’une table avec le compte de Davidi Kitai, dont les plus attentifs auront pu noter une bankroll … confortable.

Ce weekend, vous participerez peut-être au Sunday Knockout de Winamax : trois tournois en mode KO (Sunday Surprise, Battle Royale et Prime Time). Un format qui n’est pas sans rappeler les Sunday Bounty du réseau Party / PMU. Promotion déjà organisée en juillet 2017, mais à l’époque il comptait près d’une dizaine de MTT majeurs de la grille.
Il va falloir retrouver la grinta !

soxav

Sources : CB News, Poker-red

jeudi 15 février 2018

WINAMAX : LE (4) MILLE BORNES

Le leader du poker français ne se refait pas. Si sa stratégie à l’international a du plomb dans l’aile, son marketing hexagonal garde le cap. Cette dernière semaine de janvier, c’est Guillaume Diaz qui a animé la communauté de joueurs avec une « Voltige en Zone 30 », en lançant un défi sur ce format. L’objectif est en fait multiple : faire face à l’actualité du rapprochement des liquidités françaises et espagnoles (et russes, Lithuaniennes, Brésiliennes, Canadiennes, Thaïlandaises, …) de Pokerstars qui a éclipsé ses Winamax Series et la Winamax TV, et rebooster un type de tournoi qui souffre après seulement six mois d’existence.
25.268 joueurs se sont essayés au plumage du ‘Volatile’ avec un taux de re-entry moyen de 36,5% supérieur aux tendances habituelles. Avant même la finale ce soir qui départagera les quinze meilleurs d’entre eux, G. Diaz s'étant hissé à la 16ème place, le vainqueur est connu. La promotion a généré un revenu additionnel de 4.300€ par rapport à la moyenne des semaines précédentes. Une fois les 2.500€ de dotations retirés, Winamax empochera la fabuleuse somme de … 1.500€. Il ne fait pas de doutes que ce type d’opérations est clairement à vocation de fidélisation et d’animation, plus que de gros sous.
En juin dernier, lors de son lancement, Winamax n’hésitait pas à sacrifier un Cinq Majeur devenu un classique du soir, bien qu’en difficulté depuis plusieurs mois. Pour sa première, fort d’une garantie ambitieuse de 2.500€, il générait 839 entrées avec près de 650 joueurs. Début octobre, il n’offrait plus que 1.500€ minimum et son field avait diminué de moitié. Aujourd’hui, il dépérit à 700€ garantis pour à peine 150 participants. L’arrivée du ‘WANTED’ 5€ à 20h30 montre que la room a entériné l’échec du tournoi, sinon du format.
Même constat pour le 10€ initialement programmé a 21h30 avant de migrer à 22h00. De 2.500€ garantis à 1000€ et aujourd’hui 300€, son field peine désormais à atteindre cinquante joueurs quand il en faisait entre trois et cinq fois plus.

Le zone 30 roule au pas. Une fois la voltige de Guillaume Diaz passée, il ne décolle plus. Dès le lendemain de la promotion, un quart des joueurs est reparti aussi vite qu’il était venu, malgré les bugs avec des tournois « Voltige en Zone 30 » encore programmés trois jours après la fin de la promotion. Place à la suite !

soxav

jeudi 4 janvier 2018

TIME TO (RE)ACT : Pokerstars passe à la vitesse supérieure

« Une des plaintes les plus courantes que nous recevons concerne les adversaires qui prennent une éternité sur les décisions les plus simples … y compris en utilisant leur réserve de temps pour passer pré-flop ! ». En juillet dernier, Dan Price, Responsable Cash Game chez Pokerstars, prenait sa plume pour annoncer un changement sur les tables de No Limit et PLO $0,01 / $0,02 de la room. Et la reprend cette semaine pour l’Acte Deux.

A partir du 08 Janvier prochain, la réduction du temps d’action va être étendue jusqu’aux tables de $0,10/$0,25 No Limit et PLO. Selon Dan Price, le premier test s’est avéré concluant pour conforter la room dans cette direction et même accélérer le processus puisque seulement dix secondes seront maintenant disponibles préflop si personne n’a ouvert avant, contre 12 secondes lors de la phase de test. Auparavant, les joueurs bénéficiaient de 18 secondes. Il va donc falloir apprendre à agir presque deux fois plus vite.
Dans tous les autres cas, la diminution sera calquée sur le test en place depuis juillet, à savoir 15 secondes au lieu des 25 secondes jusqu’ici en place. Pokerstars se déclare confiant quant à l’aspect positif de ce changement pour améliorer l’expérience de jeu de ses clients. Il ne fait que peu de doutes qu’à l’inverse, la communauté de joueurs réguliers risque de ne pas voir d’un bon œil ce nouveau coup de canif. Est-ce pour autant une si mauvaise nouvelle ?

Tout d’abord, les tables Zoom ne sont pas concernées par cette modification. L’opérateur ne touche pas non plus à la réserve de temps de réflexion des joueurs qui se met en action à l’issue de ces secondes de temps d’action : avec 30 secondes octroyées initialement, les joueurs se voient rajouter 10 secondes toutes les cinquante mains, dans la limite de 600 secondes maximum. Cela va donc accélérer le jeu et faire taire les critiques éventuelles de joueurs récréatifs estimant que des abus ont lieu.
Mais dans le même temps, il ne fait pas de doute que les regs seront principalement impactés, notamment dans le cadre de masstabling. Le « Time to Announce » de Pokerstars interpelle également : quelle est l’urgence de communiquer via un simple billet de blog la veille d’un weekend de Noël, sinon une éventuelle confidentialité ? On se souvient qu’en 2011, la room avait informé les joueurs de changements de rake majeurs quelques jours avant le Jour de l’An.

Quitte à vouloir améliorer l’expérience de jeu, on attend désormais une implication de Pokerstars dans cette même lignée sur d’autres formats, comme par exemple les inscriptions tardives à rallonge en MTT, les re-entries illimités à foison sur notre .fr, …

soxav

Source : Blog Pokerstars

lundi 11 décembre 2017

PETITS ARRANGEMENTS ENTRE AMIS

Les Main Events sont des moments spéciaux pour les opérateurs. Outre le chiffre d’affaires qu’ils génèrent, ils sont avant tout une vitrine et un tournoi particulier pour les joueurs, faisant rêver réguliers et récréatifs à un gain hors norme. Pour limiter le risque d’overlay, les rooms multiplient les promotions et incluent de plus en plus tickets pour ces évènements dans les prizepools des tournois réguliers de leurs grilles. Une technique probablement nécessaire, mais avec certaines dérives qui peuvent rendre le stratagème guère équitable.


En Novembre, Pokerstars a décidé de maintenir sa promotion emblématique de fin d’année, les FCOOP. Garantie totale divisée par deux, Main Event doté de « seulement » 400.000€ en mode Full KO, Pokerstars n’a pas fait preuve d’une ambition démesurée, surtout avec une liquidité où bon nombre de joueurs réguliers étrangers ont été mis à la porte. Alors, près d’un mois avant l’Event, les premières places des Midnight et Midi Express, Night on Stars, Sixième Sens et une kyrielle d’autres sont mises à contribution : pas moins d’une dizaine de tournois réguliers intègrent de 2 à 20 tickets selon les cas.
Près de 135 tournois ont permis de distribuer plus de 650 tickets pour le Main Event des FCOOP, soit plus d’un quart du field. Mais, étonnamment, aucun joueur en provenance d’un Sunday Special (100€) ou d’un Super Tuesday (250€). Non, hormis le Night On Stars pendant une seule semaine, ce sont les joueurs de Low/Medium limites qui sont ciblés : 93% ont concerné des MTT de 5€ à 20€. Majoritairement donc des joueurs dont le Bankroll Management ne permet pas de jouer un tournoi à 250€ sans cela.

La pratique n’a rien de nouveau. Si Pokerstars l’utilise depuis des années, Winamax l’a démocratisé pour maintenir un Main Event hebdomadaire en perdition il y a quelques années. Pour atteindre les 725 joueurs nécessaires chaque semaine, tous les gains en tournois supérieurs à 2.000€ sont amputés de 150€ sous forme de ticket non échangable (limite fixée à 1.500€, relevée il y a quelques mois). Là encore, tous les tournois sont concernés, dont 62% ont des buyins de 20€ et moins*.
L’opérateur français peut compter sur environ 240 tickets potentiels chaque semaine, soit un tiers du field requis sur le Main Event, même si 10 à 15% disparaît en raison d’un deal réalisé par les joueurs.

Si cette technique offre des avantages certains aux rooms, certains ajustements ne seraient pas superflus :
- Rendre les tickets échangeables. Un ticket remporté sur Winamax ne l’est pas, à la différence de Pokerstars. Ce discours est difficilement crédible pour un opérateur dont la Team met régulièrement en avant le Bankroll Management et la gestion du jeu. Sans parler du buyin de 150€ qui n’offre aucune alternative, notamment pour des joueurs qui ne pourraient pas jouer les jours de Main Event.
- Cibler des tournois dans les limites de buyins des tournois en question, sans intégrer ceux dont les droits d’entrée sont inférieurs à 10% du ticket.
- Etablir des critères dynamiques selon les buyins, en établissant par exemple pour Winamax un ticket inclus pour tout gain supérieur à 1.000€ sur le Highroller, et à 3.000 sur l’Afterwork.


C’est bien beau de ressasser sa volonté de préservation de l’écosystème, ou d’être le chantre d’un poker communautaire et passion, encore faudrait-il mettre ses paroles en pratique à soi-même …

soxav

*Echantillon du 29/10 au 04/11

dimanche 19 novembre 2017

THE STARS NEWS : Pokerstars in Pokernews

La semaine dernière, Joss Wood, Responsable Poker chez iBus Media, a annoncé que The Stars Group, propriétaire de Pokerstars, était majoritaire dans le capital de la société. Et alors, vous dites-vous ? iBus Media compte dans son portefeuille des sites d’affiliation de casino, de Fantasy League ou de paris sportifs … et surtout Pokernews, le site référent d’informations. Que penser de ce mélange de genres ?

L’info a immédiatement été reprise et commentée par les médias poker, avec des trames d’articles étrangement proches. D’abord, le rappel « historique » avec le rappel de la création de l’entreprise par Tony G en 2002. Tous font ensuite état d’un secret de polichinelle rendu désormais public, la marque Pokerstars et ses représentants ayant été de longue date systématiquement mis en avant et privilégiés selon bon nombre d’articles. Même Bertrand ‘Elky’ Grospellier s’affiche en Home Page du site d’iBus Media.
Lee Davy reconnaît néanmoins sur calvinayre.com que le site fait désormais la part belle aux concurrents tels que 888 et Partypoker, probablement en relation avec la recrudescence d’activité de ces opérateurs.


Pokernews a de quoi attirer les convoitises. Décliné en 27 langues sur trente sites, Pokernews affiche près de huit millions et demi de pages vues tous les mois. Rien d’étonnant à ce que Jon Squires, le big boss, s’empresse de rassurer les lecteurs sur l’impartialité du media : “iBus a toujours maintenu son indépendance et va continuer dans cette direction. Pokernews continuera d'être la voix des joueurs et un promoteur du poker online. “ Avant d’ajouter que Pokerstars ne représente que 5% des revenus d’affiliation.

Le discours est assez convenu, et ne lève pas les inquiétudes inhérentes à ce mélange des genres. Sur la page d’avertissement quant au contenu publicitaire du site, Pokernews informe par exemple les visiteurs que “le classement des salles de poker peut être impacté par de nombreuses variables et ne peut être envisagé comme un classement exhaustif et officiel“. Confirmation immédiate sur cette même page, où on admire la première place de Pokerstars dans le classement des rooms. Il faut scroll tout en bas pour trouver Winamax !
Un coup d’œil à la page « Salles de poker » permet de découvrir les trois salles “très fréquentées“ du .fr : Pokerstars apparaît bien sûr en tête, suivi de … Betclic et Partypoker. Ses deux concurrents réels et directs, PMU et Winamax, sont une nouvelle fois tout en bas. Le descriptif de la room de pique en donne les raisons : 15€ offerts “avec Ronaldo“ même si c'est Daniel Negreanu en photo, et de grandes compétitions en ligne du dimanche comme … le Sunday Million. 
Et sur le .com me direz-vous ? 888 devance certes Pokerstars, mais est la seule room avec une note supérieure à 9.5 … Rien de dramatique, puisque c’est finalement le mode de fonctionnement de tous les sites avec de l'affiliation. Reconnaissons nénamoins à Pokernews une transparence qui fait souvent défaut chez bon nombre de ses confrères.


Si doutes il y a, c’est vraisemblablement plus du côté du nouvel actionnaire majoritaire du site d’informations n°1. Souvenons-nous qu’à l’occasion du rachat de Rational Group, maison-mère de Pokerstars, en juin 2014, le communiqué de presse d’Amaya (l’ancien nom de The Stars Group) annonçait alors : « les services proposés par Pokerstars et Full Tilt Poker ne seront pas affectés par la transaction ». Trois ans plus tard, …

soxav

Sources : Pokernews, calvinayre, Highstakesdb, PokerNewsDaily, PokerStrategy

dimanche 5 novembre 2017

L'ECOLE DES FANS

Henrik Tjärnström est le PDG de Kindred, entreprise à qui appartient notamment la maque Unibet. La semaine dernière, il révélait les résultats financiers du troisième trimestre 2017. « Trimestre record », « Excédent Brut d’Exploitation (EBITDA) au plus haut », et des revenus tirés du mobile en hausse de 31%. Il est content, Henrik, et on le comprend avec un chiffre d’affaires en hausse de 36% sur les trois derniers mois, l’entreprise a quasiment réalisé le chiffre d’affaires 2016 en seulement neuf mois !
Cerise sur le gâteau, Kindred a remporté l’Award de l’Expérience client aux Trophées de l’Expérience client britannique 2017, et celui d’opérateur de machines à sous lors des EGR Awards.


Kenneth Alexander est le Directeur Général de GVC Holdings, entreprise comptant dans ses marques Party Poker ou Bwin. Il y a dix jours, il commentait les résultats de l’entreprise. « La croissance pour ce troisième trimestre est la plus forte depuis le rachat de bwin.party en Février 2016. » D’une année sur l’autre, le chiffre d’affaires a progressé de 10%, dont 19% pour les produits de casino. 
Cherry on the cake, jeudi dernier à Londres, l’entreprise remporte aux EGR Awards le titre d’opérateur poker de l’année, détenu depuis trois ans par Pokerstars.


Xavier Hürstel est Président Directeur Général du PMU. Il y a deux semaines, il s’est félicité de « résultats financiers confirmant que le PMU a retrouvé le chemin de la croissance. » Avec une activité hippique en hausse de 2,7%, une activité à l’international à +14,3%, le Produit Brut des Jeux renoue avec la croissance.
Burlat sur la tarte, Le PMU vient d’être "Elu Service Client de l'Année 2018" - catégorie Jeux* pour la deuxième année consécutive


Et le poker dans tout ça ? Sa place dans ces résultats est à l’image de celle dans cette article : à la marge. Moins de 2% du chiffre de Kindred, cela relativise quelque peu le travail de fourmi de l’équipe d’Unibet. Aucune allusion dans le compte-rendu de GVC alors que Partypoker progresse tout de même de 48%. PMU voit son poker croître de 3,7% mais le chiffre plafonne à 12 millions d’euros pour une entreprise à … 1,8 milliards d’euros.
soxav

Sources : Kindred, Gambling Insider, Calvinayre, Pokernews, PMU
* Catégorie Jeux en ligne - Étude Inference Operations - Viséo CI - mai à juillet 2016

dimanche 29 octobre 2017

MOITIE PRIX, DOUBLE PROFIT : Half Price Sunday @ Pokerstars

Vous ne l’avez pas vu tant la communication est restée confidentielle : un nouveau dimanche à moitié prix s’est joué le weekend dernier. La recette est immuable avec des buyins réduits de moitié pour des garanties maintenues à l’identique. Seule petite nouveauté, la promotion s’est jouée en parallèle sur les quatre plateformes qui devraient constituer la future liquidité commune.

Avec cinq tournois concernés, les Special Zoom, Warm Up, 6-Max, Special et Highroller, cette édition a permis à Pokerstars de booster sa grille de « Sunday tournois » de plus de 250%. Elle a surtout permis de compenser le mauvais résultat de la semaine dernière (7.500€ de perte) portée par un overlay de 17% du Sunday Special (11K€). Niveau fréquentation, les tournois voient leur field tripler par rapport à la moyenne des trois dernières semaines. Le Sunday Special fait toujours exception, ne parvenant qu’à doubler.
Le Sunday Warm Up explose en Italie et au Portugal (+433%), pays où le tournoi ne garantit que 7.500€. Le Français fait à peine un peu mieux que son homologue hispanique (+196%) qui franchit la barre des 2000 joueurs, sans re-entry. Côté Sunday Special, ce sont les Portugais qui ont le plus plébiscité la promotion : d’une moyenne de 100 joueurs sur les semaines précédentes, le nombre de joueurs uniques est passé à 544 ! Et là encore, la France a sous-performé par rapport à ses homologues, notamment italiens où plus de 4.000 participants ont joué pour 210.000€ de prizepool (150K€ garantis). A noter que le format re-entry, étendu aux quatre plateformes, montre à quel point Pokerstars croit au dynamisme fr, seule liquidité où il est en illimité. En moyenne, 35% des joueurs français ont re-entry, pour seulement 22% des Espagnols et 19% des Portugais. En Italie, ce chiffre tombe à moins de 15%.
Dernier tournoi comparable, le Sunday Highroller fait là aussi mieux en Italie, où il est légèrement moins cher (250€ pour 300€ en .fr) mais surtout bien plus grassement doté (40K€ pour 10K€ à 15K€ chez nous). Nos voisins étaient 4,5 fois plus nombreux qu’à l’accoutumé contre 3 fois pour les Français.


Hier soir, Pokerstars a engrangé 13.250€de profits sur sa grille ‘Sunday’. C’est aussi l’occasion de relativiser l’attrait de l’Hexagone pour le leader mondial. Nous pointons bon dernier de l’offre dominicale puisque les pokers portugais et espagnol comptaient six MTT ‘Sunday’ à moitié prix, tandis que l’Italie, où les ambitions de l’opérateur au-delà du poker sont les plus fortes, en affichait onze ! Plus du double du .fr …

soxav

jeudi 14 septembre 2017

FISC ME I’M NOT FAMOUS ! : Enquête sur la fiscalité 2017

Après avoir ciblé de nombreux joueurs professionnels en 2012, le fisc français tente une nouvelle offensive. Celle-ci pourrait avoir des répercussions bien plus désastreuses sur l’écosystème et les acteurs en place. Pour les joueurs, l’absence de représentativité fait une nouvelle fois cruellement défaut. Enquête sur une année 2017 riche en rebondissements.

Claude* est un inconditionnel de poker. A force de passion, de travail, et de temps, il est devenu un spécialiste de Cash Game sur le .fr, où il joue sur toutes les plateformes. Ou plutôt « jouait » … Car en début d’année, il a reçu à son domicile un courrier inattendu : l’administration fiscale l’informait d’un contrôle fiscal portant sur plusieurs années. Tout comme plusieurs dizaines de joueurs français, c’est la douche froide. Mais à l’inverse de la vague qui avait eu lieu en 2012, cette fois le gendarme fiscal s’adresse directement à des inconnus du grand public, qui n’ont pas réalisé de performances live, signé des contrats de sponsoring ou même affiché leur réussite sur internet.

De croyances …


Pour ces raisons, il ne fait que peu de doute pour Maître Cédric Seguin, l’avocat qui défend les cas d’une vingtaine d’entre eux, que leurs ennuis font suite à la transmission de leurs dossiers par L’Autorité de Régulation des Jeux en Ligne (ARJEL) tant il est impossible pour le fisc d’accéder seul au niveau d’informations dont il dispose : « Pour moi, il y a une collaboration évidente entre l’administration fiscale et l’ARJEL » soutient-il. Il balaie d’ailleurs rapidement l’argument selon lequel toute demande devrait être nominative. « Il n’y a pas de texte qui oblige l’administration à faire une demande nominative. Ce n’est écrit nulle part, cela a été la croyance qui s’est répandue à une époque où l’ARJEL disait qu’il ne voulait pas communiquer spontanément. […] Je ne suis pas surpris qu’une administration collabore avec une autre administration. » 
Cette prétendue croyance trouvait pourtant ces sources dans le discours même du Président de l’ARJEL, Charles Coppolani, devant la Commission d’enquête sur les Autorités Administratives Indépendantes (AAI) au Sénat en Juin 2015[1]  : « Nous ne pouvons, aux termes de la loi, utiliser ces données que dans un objectif de contrôle des opérateurs ou pour répondre aux réquisitions de l'administration fiscale et de la justice, lesquelles doivent être individuelles. Récemment encore, à la réquisition émanant d'un inspecteur des finances publiques qui souhaitait obtenir une liste de personnes ayant, dans une région, réalisé des gains supérieurs à un certain montant, j'ai opposé, au motif qu'elle n'était pas individuelle, un refus. »

… en certitudes …


Cependant, en 2016, l’ARJEL a pourtant bien fourni, à la demande de l’administration fiscale, la liste des joueurs aujourd’hui en cours de redressement comme Claude. Si l’organisme réfute les assertions de transmission de données personnelles spontanée au fisc, comme le lui interdit la loi[2] , Charles Coppolani explique : « Nous avons eu une grande interrogation [ndlr : de la part du fisc en 2016] à laquelle nous avons mis du temps à répondre d’abord parce que nous avons vérifié que nous y étions obligés ». Cette nouvelle position de l’Autorité de Régulation repose sur l’article L84 B du livre des procédures fiscales[3]  qui lui impose de répondre sans pouvoir opposer le secret professionnel, et sur l’article L81[4] qui stipule que « pour l'établissement de l'assiette et le contrôle de l'impôt, le droit de communication peut porter sur des informations relatives à des personnes non identifiées ». « C’est une obligation qui pèse sur tout le monde », confirme C. Coppolani. Invoquant le secret professionnel, il a en revanche refusé de divulguer le moindre détail sur la requête de l’administration fiscale et les critères qu’elle a établi pour ce faire.

Me Seguin, lui, ne partage pas cet avis. Pour lui, si l’on ne souhaite pas répondre à une demande, on peut toujours trouver le moyen de ne pas le faire. Il rappelle à ce titre que « l’administration fiscale n’a jamais engagé d’actions contre un opérateur ou qui que ce soit qui [n’aurait] pas voulu répondre. » Et à sa connaissance, l’ARJEL ne fait pas exception … 
Chaque partie interprète donc les textes de loi à sa guise. Il n’en reste pas moins que, dans les faits, le fisc peut désormais accéder aux données de jeux de n’importe quel joueur, et donc à ses gains. En 2016[5] , l’ARJEL a été plus sollicitée par la DGFIP[6]  que sur les deux années précédentes cumulées (45 fois contre 31 en 2015 et 11 en 2014). Ce rythme s'est encore accéléré en 2017. Sur le seul premier trimestre, le nombre de requêtes représentait déjà 60% de celles réalisées sur … toute l’année précédente ! 


… en passant par l’exil fiscal …


A nouveau contexte, nouvelle approche. Il n’est désormais plus temps de philosopher sur le bienfondé de l’imposition du joueur de poker, ni prendre le risque de passer entre les mailles du filet. Grinder exilé à l’étranger pendant plusieurs années, Alexandre* ne s’est pas posé la question. Depuis son retour en France, il a décidé de mener toutes les - nombreuses – démarches pour comprendre lui-même les implications concrètes du statut de joueur professionnel. « Je vais quand même me tourner vers un expert-comptable au final », conclut-il. 

D’autres exilés sont dans une situation bien plus embarrassante. Joueurs actifs du .fr, ils n’ont jamais rien déclaré, et même s’ils souhaiteraient aujourd’hui le faire, la crainte de la rétroactivité ne les incite pas à faire les démarches. C’est là que le conseil d’un spécialiste prend tout son sens. Bon nombre de joueurs considèrent le départ à l’étranger comme la solution à la problématique ‘Impôts’, mais exil et exil fiscal sont deux choses bien distinctes. Pour Me Seguin : « Si vous partez à l’étranger, faites-le pour de vrai. » Quitter le pays sans le signaler à l’administration fiscale, tout en gardant une adresse chez des parents ou des proches ne change absolument rien à votre statut fiscal. Il ajoute que dans la mesure du possible, il convient de « s’inscrire ou du moins de se faire connaître de l’administration fiscale du pays dans lequel [le joueur est] installé pour résider. » Et bien sûr, quitter la France en 2017 ne permet pas de se soustraire à ses obligations fiscales pour les années précédentes ... 
Autre point important à ses yeux : la situation bancaire. Il juge indispensable de posséder des comptes dans les pays de résidence uniquement sur lesquels doivent être fait tous les mouvements financiers. Dans le cadre de l’activité poker sur le.fr, un compte français ne doit servir qu’à ‘cashin / cashout’.  
Parmi les dossiers qu’il défend, l’avocat concède qu’outre deux cas où il a pu démontrer le réel exil fiscal, de nombreux autres dossiers sont bien plus épineux à gérer.

… au flou artistique fiscal …

Retour en France. L’imposition des gains au poker est aujourd’hui un sujet qui affole les esprits et les communautés. Interrogations, craintes, demandes d’informations, avis plus ou moins avisés y sont de plus en plus nombreux. Rien ne remplacera le conseil d’un spécialiste, comme le confirme, lui aussi, le joueur ‘Darkstar’, auteur d’une version détaillée du statut de joueur de poker pour se mettre en règle avec l’administration fiscale sur Clubpoker[7].
La notion de régularité, de pratique habituelle, élément clé de la doctrine fiscale, reste difficile à définir. Le Bulletin Officiel des Finances Publiques – Impôts (BOFIP) stipule  que les gains réalisés par les joueurs professionnels sont imposables au titre de la catégorie des bénéfices non commerciaux. Cette position est pleinement applicable à la pratique habituelle du jeu de poker, y compris en ligne, …
A partir de quelle fréquence de jeu, de temps passé, un joueur entre-t-il dans le périmètre du fisc et doit-il déclarer ? Pour Me Seguin, il s’agit d’une conjonction entre temps de jeu et volume, tout en restant subjectif par rapport aux gains ou à une activité salariale principale par exemple. Pour autant, « jouer à League of Legends tous les soirs pendant deux heures, où je ne peux pas gagner d’argent, cela ne fait pas de moi un professionnel. Il se trouve que le poker a cette particularité que vous pouvez gagner de l’argent. », continue-t-il. Il écarte néanmoins la notion d’activité secondaire comme esquive à l’imposition : avoir deux emplois n’est pas une situation réservée aux seuls joueurs de poker. 

… à l’attractivité du marché


Sur la route de l’embellie du produit poker, en difficulté régulière depuis son lancement en 2010, la crainte de la fiscalité pourrait se dresser comme un nouvel obstacle de taille. L’ARJEL qui avait enfin retrouvé du crédit auprès des joueurs suite à la signature de la convention de partage des liquidités avec l’Italie, l’Espagne et le Portugal s’inquiète des répercussions que pourraient avoir cette nouvelle donne sur l’activité des opérateurs. « Il est évident qu’à partir du moment où on commence à faire répandre le bruit que si vous gagnez au poker, le fisc va venir vous chercher, cela ne créé pas une attractivité du secteur » déplore Clément Martin-Saint-Léon, Directeur des Marchés, de la Consommation et de la Prospective à l’ARJEL.
Du côté des opérateurs, le sujet est sensible. Ils n’ont bien sûr aucun intérêt à communiquer sur leurs clients les plus réguliers, et donc les plus rémunérateurs, mais restent soumis au droit de communication de l’administration. Winamax et PMU confirment recevoir régulièrement des demandes, mais ne s’y plier qu’uniquement si elles sont nominatives. Tout comme l’ARJEL, ces opérateurs démentent avec force les rumeurs affirmant le contraire. Interrogé sur des remontées de joueurs l’incriminant, notamment sur Clubpoker, Winamax s’est empressé d’y répondre sans ambiguïté par l’intermédiaire d’Aurélien ‘guignol’ Guiglini.  
Jusqu’à cette année, les seuls joueurs redressés étant des professionnels publiquement connus, les rooms sont toujours restés à l’écart de ce débat sulfureux. Non seulement l’administration fiscale s’attaque désormais à leur clientèle directe mais instille une atmosphère anxiogène auprès de l’ensemble de leur cible, des réguliers aux récréatifs. Le fisc en épée de Damoclès, à tort ou à raison, n’est pas l’argument de vente idéal. 
Le joueur amateur ‘Holdembrain2’, vainqueur d’un Million Event Winamax début 2016 pour plus de 186.000€ le confirmait dans une interview à Pokerlistings  en mars dernier : la room n’avait aucune information à lui communiquer sur la partie fiscale de son gain. Il s’est donc tourné vers les impôts, puis vers un avocat qui a réussi à le sortir du mauvais pas dans lequel l’affaire s’était alors initialement engagée.

L’absence de représentativité des joueurs fait aussi cruellement défaut : lobbying, accompagnement des joueurs dans les démarches, source d’informations de la communauté, rapprochement avec les opérateurs face à une menace commune seraient autant d’actions indispensables pour faire entendre la voix des joueurs.
Dans son intervention sur Clubpoker, A. Guiglini a officialisé l’information des joueurs pour lesquels la room transmettrait des informations suite à une demande nominative de l’administration. Ce geste est à saluer, et surtout à amplifier pour la communauté de joueurs : les autres opérateurs  seront-ils aussi coopératifs ? Du côté de PMU, on se dit favorable à l’idée sous réserve de faisabilité légale. Les équipes de Betclic affirment de leur côté qu’elles n’en ont pas le droit. Comme les autres, Unibet reconnaît des demandes et l’obligation d’y répondre, mais ces requêtes sont confidentielles. Pokerstars n’a pas souhaité commenter, se retranchant derrière un porte-parole « ne partageant pas d’informations sensibles, ne commentant pas les process internes ni ne divulguant de statistiques non officielles. »
Enfin l’ARJEL indique que « la législation applicable à l’Autorité la contraint au secret professionnel ». Elle ne communiquera donc, elle non plus, aucune information aux joueurs.

Un point ne souffre, lui, aucun doute : les procédures engagées en début d’année n'étaient pas les dernières. En début d’été, le fisc a placé un second barrel, de nouveaux joueurs faisant face à un examen fiscal de situation personnelle.
Et ces procédures seront longues : après plus de cinq ans, les joueurs Manuel Bevand et Valentin Messina ont annoncé en mai 2017 avoir obtenu une décision favorable sur la partie ayant trait à l’activité occulte, la cour d’appel ayant notamment reconnu que la jurisprudence et l’administration fiscale n’avaient estimé qu’après coup de l’imposition des gains. Il est bien évident que cet argument ne devrait donc pas être utilisable pour les dernières procédures. Les deux joueurs ont indiqué vouloir maintenant aller jusqu’au Conseil d’Etat et faire annuler l’ensemble de la procédure.
Selon la décision de ce dernier, le poker pourrait-il alors (re)devenir non imposable en tant que jeu de hasard ? One chip, one chair !

D’ici là, le risk reward de ne pas déclarer pour les joueurs réguliers s’est fortement réduit. 

soxav  




[2] IV de l’article 36 de la loi du 12 mai 2010.
[3] créé par LOI n°2010-476 du 12 mai 2010 - art. 40
[4] modifié par LOI n°2014-1655 du 29 décembre 2014 - art. 21 (V). En lien avec Article R*81-3 ( Modifié par DÉCRET n°2015-1091 du 28 août 2015 - art. 1 )
[5] Rapport d’activité 2016-2017, ARJEL, publié le 24/05/2017.
[6] Direction Générale des Finances Publiques.
[7] http://www.clubpoker.net/forum-poker/topic/225914-imposition-du-joueur-de-poker-professionnel/
[8] BOFIP - BNC - Champ d'application - Activités et revenus imposables - Professions sportives - III. Joueurs de bridge et de poker
[9] Pokerlistings, 07 mars 2017 : http://fr.pokerlistings.com/interview-holdembrain2-et-avocat-joueurs-poker-et-fisc-47808